MANS (LE) (72) 24.03.2024
Le 24 mars 2024, le témoin se trouve en soirée dans le salon de son appartement situé à Le Mans (72) lorsqu'il observe la pleine Lune et remarque à ses côté la présence d'un PAN se présentant sous la forme d'une sphère jaune doré. Il prend une photographie, fenêtre ouverte, avec son téléphone et constate la présence du PAN sur l'écran de contrôle, puis prend une seconde image plus tard en constatant que le PAN a disparu. En vérifiant ultérieurement les photographies, il remarque que le PAN est également présent sur la seconde, quasiment confondu avec le disque lunaire.
Le témoin n'a pas observé de visu le déplacement du PAN, mais l'a déduit de ses positions successives sur les photographies (voir le compte rendu d'enquête).
La consistance* de ce dossier est moyenne avec un témoin unique, mais avec une enquête terrain, assortie d'un entretien cognitif et la présence de deux photographies qui ont pu être analysées, mais avec l'absence de métadonnées.
L'analyse via IPACO* des deux photographies (voir annexe dans le compte rendu d'enquête), a toutefois permis de :
- Déterminer l'heure de prise de vue (19h43, à la minute près) grâce à l'horodatage des fichiers enregistrés sur le téléphone, aucune métadonnée n'étant générée sur cet ancien modèle de téléphone.
- Mettre en évidence l'impossibilité, malgré les apparences, que le PAN soit un simple reflet d'objectif.
- Montrer que l'apparence circulaire du PAN est probablement un artefact, ce dernier étant plutôt ponctuel, ou quasiment.
- Estimer la distance angulaire apparemment parcourue par le PAN, qui est d'environ 1,5°.
- A l'aide d'une carte Google, préciser l'azimut initial et l'azimut final d'observation, soit respectivement 99° et 100,5°.
L'enquête effectuée sur place le 13 juin 2024 a permis de démontrer qu'il y avait eu une inversion mémorielle concernant l'ordre des prises de vue, ce qui donne en définitive vu du témoin un déplacement du PAN de la gauche vers la droite. Elle a aussi permis d'établir une chronologie précise des faits, le témoin ayant sans doute initialement voulu photographier la Lune, sans voir le PAN, avant de le voir lors de la seconde prise de vue et de le perdre de vue immédiatement après, masqué par des arbres.
Deux hypothèses ont été évaluées : l'observation de la lumière d'un phare d'aéronef et l'observation d'un ballon LED.
- Il n'a pas été possible de déterminer la présence d'un aéronef dans l'axe d'observation au moment de celle-ci, que ce soit par les restitutions du CAPCODA* (inexploitables en raison d'un problème d'horaire) ou par les sites de restitution privés.
- Concernant l'hypothèse du ballon LED, les données relatives au sens du vent n'était pas cohérente avec celle du déplacement d'un objet porté par le vent. Une certaine marge d'erreur est toutefois à prendre en compte, le vent considéré étant relevé au sol ou à proximité immédiate et les azimuts indiqués pouvant présenter une légère déviation selon l'heure.
D'autre part, il a été confirmé au cours de l'enquête terrain que le déplacement et la disparition du PAN n'ont pas été observés directement par le témoin, que son aspect retranscrit sur les photographies est trompeur compte tenu du zoom employé et des performances du capteur d'images du téléphone utilisé.
Ce constat conduit le GEIPAN à classer ce cas d'observation en « C » : phénomène non identifié par manque de données.
CONSISTANCE : selon les critères du GEIPAN, la consistance est la quantité d'informations considérées comme fiables et objectivées, recueillies pour un témoignage.
IPACO : logiciel d'analyse et de traitement d'images du GEIPAN (IPACO.fr).
CAPCODA : Centre Air de planification et de conduite des opérations et de défense aérienne (Armée de l'Air et de l'Espace).