[AERO] de LOS ANGELES (US.90045) vers ROISSY-EN-FRANCE (95) 16.12.2025

Résumé
Observation depuis le cockpit d'un avion d'un point lumineux en déplacement puis d'une brusque “explosion” apparente et enfin d'un halo diffus s'étendant progressivement avant de disparaitre : observation deuxième étage Centaur de la fusée Atlas V 551observé au moment de la coupure moteur puis du dégazage associé.
Description

Le 16 décembre 2025 à 08h50 UTC (09h50 CET), un membre du personnel naviguant, depuis le cockpit d'un appareil reliant Los Angeles à Paris, observe un phénomène lumineux sur la droite de l'appareil. À ce moment, l'aéronef évolue au niveau de vol FL350, au-dessus de l'Atlantique Nord, au sud du Groenland. Le phénomène se manifeste initialement sous la forme d'un point lumineux blanc évoquant un satellite, se déplaçant sur une trajectoire rectiligne et légèrement descendante, de l'azimut 120° vers l'azimut 90°. Après quelques dizaines de secondes, ce point se transforme brutalement en une lumière blanche intense, décrite comme une « explosion » statique, puis en une tache diffuse aux teintes rose-violet qui s'étend progressivement avant de disparaître. La séquence totale dure environ trois minutes. Un second témoin, présent dans le cockpit, confirme l'observation.

La consistance* du cas est bonne. Le témoignage émane d'un observateur expérimenté dans le domaine aéronautique, il a été transmis dès le lendemain de l'observation au moyen d'un questionnaire technique détaillé, puis complété par un entretien cognitif. Un second témoin direct est mentionné, mais un seul questionnaire a été formalisé. Le dossier ne comporte pas d'enregistrement instrumental ni de reconstitution.
*Selon les critères du GEIPAN, la consistance est la quantité d'informations considérées comme fiables et objectivées, recueillies pour un témoignage.

L'étrangeté rapportée par le témoin tient principalement à la succession de trois phases : un déplacement initial rappelant celui d'un satellite, suivi d'une « explosion » lumineuse statique, puis de la formation d'un halo diffus et coloré qui s'étend progressivement. L'absence de bruit, la soudaineté de cette transformation et l'aspect atypique de la phase diffuse justifient la perception d'un phénomène anormal.

Différentes investigations (détaillées dans le compte rendu d'enquête) permettent d'établir les points suivants : les données aéronautiques confirment que l'appareil évoluait de nuit, en conditions VMC, au sud du Groenland. L'analyse astronomique exclut la Lune et les étoiles brillantes présentes dans cette zone. Si un satellite a bien été identifié dans le secteur sur ce créneau horaire, sa trajectoire ascendante est incompatible avec la dynamique observée ; par ailleurs, cette hypothèse ne permet pas d'expliquer les phases d'« explosion » statique et de diffusion colorée.
En revanche, le lancement d'une fusée Atlas V 551 depuis Cap Canaveral à 08h28 UTC, soit 22 minutes avant l'observation, offre une explication cohérente. À 08h50 UTC, l'étage Centaur a atteint la phase de coupure moteur (MECO-1), suivie d'un dégazage de régulation. Cette séquence rend compte de l'ensemble du phénomène : le point lumineux en déplacement correspond à l'étage en vol, la brusque « explosion » apparente est liée au dégazage (venting), et le halo diffus résulte de l'illumination du nuage gazeux par le Soleil, alors situé à un azimut de 92° mais à -26° sous l'horizon. L'étrangeté du cas est ainsi fortement réduite. Le caractère spectaculaire du phénomène tient à la géométrie d'observation et à l'éclairement du nuage gazeux par le Soleil sous l'horizon, donnant l'illusion d'une explosion statique lors d'une étape nominale du vol de l'étage Centaur.
L'observation correspond à la séquence de vol de l'étage Centaur du lanceur Atlas V 551, incluant la coupure moteur (MECO-1) et le dégazage de régulation associé. 

Le GEIPAN classe le cas en « A » observation deuxième étage Centaur de la fusée Atlas V 551.